Publié : 14 juin 2008

Savoir mettre les accents sur les -e-

En dictée, tu confonds souvent les accents aigus, graves ou circonflexes ? Voici quelques éclaircissements.

Le nom des accents : des astuces pour les distinguer

- Un accent aigu (prononcer [egu]) se dessine comme une flèche qui rejoint le sommet d’une montagne, vers le haut, et vers la droite : un sommet aigu, pointu, mais aussi une voix aigue, c’est-à-dire une voix qui est MONTÉE.
- Un accent grave , au contraire, se dessine comme une flèche qui tombe (vers le bas et vers la droite en même temps), et tomber.... c’est grave, on peut se blesser !
- un accent circonflexe , c’est un trait flexible ! Comme un bâton que l’on aurait plié en deux.

La prononciation

- -é- se prononce en étirant les coins de la bouche vers les côtés ; la bouche est peu ouverte.
- -è- et -ê- se prononcent avec une bouche presque aussi arrondie que pour un -a- ; la bouche est plus ouverte que pour -é-.

La place des accents

I. A LA FIN DES MOTS

1) Le -é- se trouve à la fin de noms, par exemple les noms
en -té ou -tié (moitié, pitié, beauté, pâté, fermeté...),
en -tée (dictée, pâtée, fourchetée...),
en -é (marché, café, carré), généralement masculins,
ou -ée (marée, coudée, coulée...), généralement féminins.

2) Le -é- est la terminaison des participes passés des verbes en -er : fermé, fatigué, gaspillé(e)...

3) En revanche, ni le -è- ni le -ê- ne se trouvent en fin de mot, ou dans la dernière syllabe écrite d’un mot.

II. AU MILIEU DES MOTS

1) -è- et -ê- se trouvent toujours avant une syllabe où il y a un -e- muet, pas le -é- : crèmerie, évènement, cimetière, thèse, stèle, mèche ; crêpe, guêpe, entêtement (attention : mêler, fêler, bêler, entêter et d’autres verbes à l’infinitif n’ont pas de syllabes avec un -e- muet).

2) -è- se trouve donc dans l’avant-dernière syllabe de plusieurs verbes
en -eler et -eter : je pèle, il cisèle, il recèle, tu martèles, il achète (attention aux -ll- ou -tt- : j’appelle, je jette). Verbes en -êter ou -êler : l’accent reste (je fêle, tu mêles, je quête, il tête, tu fêtes, il prête).

3) -ê- est souvent la trace, dans l’histoire d’un mot, de la disparition d’un -s-. L’orthographe des mots a changé dans l’Histoire ; au XVIème siècle, comme les -s- de forest, de pastre, de beste, de feste, de vestement ou d’hospital n’étaient plus prononcés, on les a remplacés par un accent qui précise la prononciation de la voyelle précédente. On écrit aujourd’hui : forêt, pâtre, bête, fête, vêtement, hôpital. Mais on retrouve la trace de ces -s- dans des mots de la même famille : forestier, pasteur, bestial, festivité/festoyer/festival, veste/vestiaire, hospitalier.

4) Avant un groupe de deux consonnes ou -x-, on ne trouve jamais de -é- ni de -è- ni de -ê- : essence, examen, renne, lunettes, peccadille. (Attention : -ch- ne compte pas comme deux consonnes : péché, pêcheur). Exception à cette règle : quand la deuxième consonne est -r- ou -l-, le -e- qui précède est accentué : écrire, étroit, pétrir, éclairer.

ENTRAINE-TOI : Dans les mots suivants, colorie en rouge les -e- que l’on prononce -é-, en bleu les -e- que l’on prononce -è-, puis accentue-les si c’est permis :
necessaire - electricite - assez - reussie - genereux - etendard - exercice - eglise - amere - gestion - digerer - etrangler - impertinent